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Congrès de saint Denis, Mars 2003

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Mercredi 30 novembre 2005

Trinité sainte et  triangle rose ont fait porté aux homosexuels la honte et la culpabilité d'aimer. Maintenu dans le silence par la religion, trop peu d'homosexuels déportés ont fait connaître leur douleur, et l'histoire avare de ces maux ne leur a pas encore octroyé la place qui leur est due.

 

Le 25 novembre 2005, le dernier déporté homosexuel rescapé des camps de concentration est mort, quelques mois seulement après la reconnaissance de l'Etat français de sa responsabilité.

 

Pierre Seel, résistant alsacien, fût convoqué en mai 1941 à la Gestapo. Avec lui, onze autre de ces camarades, dont son compagnon: Jo.

                      son témoignage : http://www.la-bas.org/article.php3?id_article=601

De cet après midi la, il se rappelle le sang "comme dans une boucherie", les hurlements des nazis, les cris de ces compagnons, les tortures et le viols qui lui furent infligés. Puis, l'arrivée de ces parents, et les mots terribles de l'homme qui les reçu : "votre fils est un enculé".

Du temps passé dans les camps, il se rappelle les bouts de papiers qu'il avait à charge de ramasser, petits bouts de papier que les nazis semaient à mesure qu'il avançait dans sa tâche. Il se rappelle encore de la croix gammée, portée trois jours durant sur sa tête, tondue; Il se rappelle de l'insigne bleu qui le faisait mépriser des autres prisonniers. Il se rappelle, un jour, ne pas avoir vu son compagnon à l'appel, puis l'avoir reconnu entre deux gardes avancer vers les lignes de prisonniers, nu. Il se rappelle la sentence lue en allemand. Il se rappelle le saut qui couvrît la tête de celui qu'il aimait. Il se rappelle les chiens qui mangèrent sa chair.  

Et la musique des hauts parleurs, et les cris de Jo.

Après trente ans de silence, par honte d'être homosexuel, Pierre Seel a témoigné. L'Histoire devra en faire état.

Rappelons nous qu'entre 1933 et 1945, selon les archives des Nazis, 100.000 hommes furent arrêtés pour homosexualité. Plus de 10.000 d'entre eux furent envoyés dans des camps de concentration. Le taux de mortalité des homosexuels prisonniers dans les camps est estimé à soixante pour cent. À peine 4000 d'entre eux survécurent. "Peu" ont été envoyés dans les chambres de la mort. Esclaves des camps, victimes de tortures physiques, castrés ou cobayes pour des expérimentations médicales, ils devaient tous arborer le triangle rose. Le fait que les homosexuels furent emprisonnés dans les camps de concentration est relativement connu aujourd'hui. En revanche on ignore généralement que beaucoup d'entre eux ont continué à subir des persécutions dans l'Allemagne de l'après-guerre. Le Paragraphe 175 n'a été aboli en Allemagne de l'Ouest qu'en 1969, et nombre d'homosexuels emprisonnés pendant la guerre sont restés en détention après la libération.

Ils n'eurent pas droit à des réparations de la part du gouvernement allemand et tout le temps qu'ils passèrent dans des camps fut déduit de leur retraite. Dans les années 50 et 60, le nombre de condamnations pour homosexualité en RFA a été aussi important qu'à l'époque des Nazis.

Aucune mention de ces crimes ne fut faite au procès de Nuremberg en 1946. Le travail de recherche, les monuments aux morts et les musées passent sous silence le sort des déportés homosexuels dans les camps de concentration Nazis. Dans les années 90, des chercheurs ont commencé à se documenter sur les histoires personnelles de ces hommes qui portaient le triangle rose. Le premier organisme à prendre en compte la persécution des homosexuels par les Nazis fut le Musée pour la Commémoration de l'Holocauste à Washington ; il encouragea des survivants à sortir de leur silence. En 1995, huit survivants ont publié une déclaration collective pour réclamer la reconnaissance de leur persécution. Le 24 avril 2005, Jacques Chirac évoquait la déportation des homosexuels, s'était la première fois qu'un chef de l'Etat français reconnaissait le sort de ces oubliés de la mémoire.

Mais ne nous arrêtons pas à se qui aurait due être reconnu depuis des décennies, continuons de diffuser le témoignage de Pierre Seel

 

 

 

 

 

 

 

par clothilde publié dans : les oubliés de la Mémoire
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